La compagnie

 

"Nous n'avons aucune raison d'éprouver de la méfiance à l'égard de notre monde, car il n'est pas tourné contre nous. S'il recèle des peurs, ce sont nos peurs. Des abîmes, ils sont nôtres. Présente-t-il des dangers, nous devons tenter de les aimer"

Rilke, cité par David Wahl dans son Sale Discours.

 

 

Concrètement Passages c'est :

 

des spectacles créés :

- Le Premier S exe

- #JeSuisLeProchain

- Ils se souviennent

 

En gestation :

- Sexualité(s).

 

C’était :

 

- L’Armée du Bonheur (2015)

- Mamita ou la nuit de la Reine (2013)

- Les Gaillardes (2011)

- De Verres en Vers ou l’empire sur sommeil pesant. (2009)

 

 

Ce sont :

 

- Des interventions et des créations auprès de personnes en situation de handicap via La Possible Echappée

- Des interventions en milieu carcéral

- Des laboratoires / Gymnases de l’Acteur (Collectif la Réplique/La Friche Belle de Mai)

 

 

Et puis c’est aussi voire surtout :

 

Des comédiens amis, partenaires de longues dates, nouvelles recrues d’élection :

 

Elie Boissière,

Camille Champagne,

Nabil Cheikh Ali,

David Délis,

Mathieu Grenier,

Clara Huet,

Slimane Majdi,

Léa Moskowicz,

Elise Roth,

Anouck Siboni,

Margaux Van den Plas,

Lise Werckmeister

 

Ce sont enfin des partenaires et amis précieux qui soutiennent, on soutenu, hébergé, accompagné :

 

Le Théâtre de la Loge, La MAC, Les Récollets, La Réplique.

 

 

 

 

 

A l’origine il y avait 7 élèves issus du conservatoire du XXème arrondissement. Il y eut des pièces courtes jouées au théâtre du Rond Point. Il y eut des pièces plus longues nées de prix et de concours saluant le travail de ces mêmes formats courts. Passages faisait des soirées, des spectacles, des rencontres. Passages s’amusait et Passages cherchait.

 

Sans despotisme, la direction collégiale est au cours des années devenue celle d’un seul de ses co-fondateurs initiaux. Les collaborations se sont poursuivies. L’urgence d’écriture s’est affermie. Lire le monde. Le dire. Pour tenter de le questionner, et continuer de rêver de pouvoir le réinventer.

 

Passages s’est interrogé sur la globalisation, sur la condition féminine, sur l’injonction au bonheur, sur le handicap. Passages s’est pris la claque de sa vie avec les attentats de 2015. Charlie. Le Bataclan. Parce qu’on n’appréhende jamais mieux l’horreur que quand elle frappe à votre porte. Et qu’il faut parfois cette proximité sinistre pour voir plus large et interroger au-delà de ses frontières.

 

Passages a pris quelques rides sur son visage.

 

Passages s’ancrera plus encore dans ce théâtre de la cité, ce projet utopique et magnifique d’inscrire l’art dans un questionnement actif, pour soi, pour l’autre, pour ces mots galvaudés de société, d’ensemble à vivre et à rêver. #JeSuisLeProchain est né de cette brûlure, de ce vertige. Une pièce sur la radicalisation. Des comédiens à l’engagement total. Un discours qui se veut plus heuristique et analytique que politique et pédagogique. Mais prendre la parole, avec, et pour. Pas d’autres choix. Le silence sera pour après.

 

Et puis Passages a produit son premier seul en scène. A l’heure du raz-de-marée #MeToo, d’un féminisme jubilatoire, le passager survivant de Passages a voulu questionner son genre et voir comment sa voix pouvait prendre le relais d’un mouvement de réinvention massif et indispensable. Le Premier S exe est ainsi né.

 

Quelques mois plus tard, c’est en partant diriger un laboratoire à la Friche Belle de Mai hébergé par le collectif la Réplique qu’est venue l’idée d’une association et d’une affirmation. Cette semaine de recherche menée avec le collègue et ami Vladimir Perrin abordait la Sexualité, thème de la prochaine création. Au cours de ces 7 jours, des questionnements nombreux, des discours communs, des envies nouvelles. Une bouteille de vin et des pâtes à mi-parcours, après plusieurs heures de préparation pour l’atelier du lendemain, la fatigue qui délie le cerveau et simplifie les ambitions ; à deux nous poursuivrons, parce que les mains tendues comme les épaules qui soutiennent sont aussi motrices que porteuses.

 

Et nous voici en Novembre 2018. Passages prend un nouveau virage. Et choisit d’assumer des images, un engagement, une forme, des écritures, un entourage. Et pour dépasser le stade des projections, Passages établit son nouvel ancrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une compagnie, une nécessité de voir se créer une famille nourrie par le désir. Le désir de trouver une terre où le rêve peut encore fleurir. Une famille alerte de l'état du monde, de l'état des hommes.

 

Un théâtre pauvre redonnant place à l'humain et à sa complexité.

 

Il ne s'agit pas là d'un théâtre documentaire que nous laisserons pour des objets vidéos. Il s'agit avant tout de trouver un moyen de réenchanter le réel.

 

Mettre en scène des sujets d'actualité tout en gardant la dimension du rêve. Se poser, pour chaque projet, la question de la représentation du réel dans le rêve. Pour cela, nous accordons une grande place à la fiction inspirée de sources réelles. La fiction constitue pour nous une façon de s'en emparer et de l'offrir à être vu.

 

Nous croyons que s'emparer du réel pour en faire un conte peut encore avoir une dimension cathartique. Le mythe comme ligne de mire. Comme un dernier appel lancé à l'humanité dans un monde programmé à disparaître.

 

Nous avons commencé le théâtre parce que voulions raconter des histoires. Parce que le plateau reste un des rares endroits où la magie survit. Où les corps âgés peuvent encore être nourrissons.

 

Il s'agit bien d'un théâtre de la cité que nous proposons. Une écriture exclusivement contemporaine qui permette d'inviter à réfléchir et à interroger notre fugace passage.

 

Vladimir Perrin